Le travail, une activité naturelle à l’Homme ?

Le travail est considéré comme un « ensemble de gestes qui émane naturellement de celui qui l’effectue. Il correspond à une forme d’accomplissement de soi ».

Il serait donc naturel à l’Homme, et il le serait tellement que l’absence de travail peut-être une véritable souffrance. Comme en témoignent d’ailleurs les exclus de la société ou les victimes de bore-out. Il n’est pas question de voir dans le travail une peine à endurer. Ni le fait d’obtenir les biens nécessaires à la vie.

Le travail serait l’expression d’un besoin naturel qu’on retrouve dans les premiers gestes de l’enfance (attraper des formes, se mettre en mouvement, cogner des objets…). Le hochet, par exemple, est le premier outil de travail de l’être humain.

Ce besoin naturel prend sa source dit-on dans une angoisse existentielle. Elle s’installe dès la naissance à cause de l’apparition de la conscience. L’enfant d’ailleurs se perçoit de plus en plus lucidement. La question lancinante qui s’impose de plus en plus impérieusement à lui est celle du : « quoi faire de la vie ?».

La quête de sens

Ensuite, l’Homme se met à travailler. Il a découvert en effet que la transformation du monde extérieur est une capacité spécifique de l’être humain. Cette découverte née du jeu donne un sens à sa vie. Le travail devient ainsi non une obligation mais l’expression d’une intention : l’intention de transformer le monde selon une certaine fantasmatique. C’est-à-dire que le travail d’un individu est la projection en des gestes opératoires du « genre de transformation dont il éprouve le besoin », et par conséquent, dont il se sent capable.

Qu’est-ce que la personnalité professionnelle ?

Le monde du travail est alors dans cette interprétation anthropologique du labeur humain, le résultat global de l’ensemble des savoir-faire individuels en tant que volonté de transformation du monde. Il s’agit de volontés singulières (combinaison de la recherche de raisons d’être et des caractéristiques singulières de l’individu présentes dès sa naissance) et de volontés socialisées (résultat de l’éducation familiale, de l’école et de la société dans laquelle l’individu est inséré).

La personnalité professionnelle est donc la « structure fantasmatique individuelle » de la « pulsion anthropologique de transformation du monde extérieur » qui repose sur des traits de personnalité innés et qui ont orienté le développement singulier de cette pulsion de transformation. Ce développement lui-même a été dépendant de ce qu’a offert l’environnement social et familial.

La naissance de cette habileté naturelle a été conditionnée par la recherche d’un sentiment de plaisir. Elle s’exercera dans la vie professionnelle avec une constante connotation de plaisir, bien entendu dans la mesure où le genre de transformation opérée au poste occupé correspondra à l’orientation de la pulsion personnelle de transformation.

« The right man at the right place »

L’habileté est donc ce que l’individu veut et sait transformer; au sens d’agir pour produire un effet modificateur. Ce qu’on appelle, l’exigence spécifique est ce qui, dans l’objet du travail, a besoin d’être transformé. Et ce, au sens de subir une action motrice appropriée. La seule question qui se pose alors a déjà été formulée universellement au point de devenir un proverbe international « The right man at the right place ».

L’activité professionnelle proprement dite est le seul territoire où il y a une sanction économique. C’est ce qui la distingue des autres activités. Tout ce qui est produit dans la vie active est destiné à être vendu aux autres êtres humains. D’ailleurs, si vous décidez de fabriquer des cendriers en rotins le samedi matin pour vos proches, peut-être relativiserez-vous le peu de succès qu’aura votre entreprise. Vous ne comptiez pas dessus pour en vivre et là est la nuance. La sanction économique a peu d’importance dans ce cas, il ne s’agit donc pas d’une activité professionnelle.

Si votre personnalité professionnelle correspond toutefois à cette activité, peut-être vous faudra-t-il interroger le marché de l’emploi. Et répondre à une attente de sorte qu’un nombre conséquent de personnes acceptent d’affecter une part de leurs revenus à l’acquisition dont il est question.

Le travailleur n’œuvre donc pas seulement pour lui-même (le plaisir du samedi matin). Il œuvre avant tout pour les autres (d’après les attentes du marché). Il œuvre aussi avec les autres. Le plaisir éprouvé est donc filtré par une double exigence. L’habileté personnelle reçoit la sanction positive, à la fois de ceux avec qui il travaille et de ceux pour qui il travaille.

En résumé

Le travail est un besoin naturel que l’on retrouve chez l’Homme dès l’enfance. Faire quelque chose de sa vie en transformant le monde extérieur. Cette transformation du monde extérieur se fait selon un mode qui est inné, propre à chacun. Il s’exprime à travers un besoin ou un sentiment de capacité. On parle de personnalité professionnelle. L’acte professionnel devient une pure projection de soi-même lorsqu’il est authentiquement choisi. Et qu’il y a correspondance entre l’habilité de l’individu et les exigences de la fonction. La Personnalité Professionnelle correspond donc aux préférences naturelles d’un individu en situation de travail en termes de tâches/fonctions/missions.

« Robert Jourda est à l’origine d’un outil d’aide à l’analyse de la Personnalité Professionnelle et au positionnement d’environnements de travail connu sous les noms de CGP® et IT2P®. Il est basé sur un test dont le résultat se représente visuellement par un point focal sur une matrice à deux dimensions. Grâce aux concepts portés par son modèle, cet outil permet également de positionner des environnements de travail sur la matrice : postes de travail, types de métiers, secteurs d’activités, filières d’études. Plus la « personnalité professionnelle » d’un individu se rapproche de celui de l’environnement de travail qu’il occupe ou auquel il aspire, meilleures sont ses chances d’insertion professionnelle et de réussite. »

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