Dyslexie et coaching

La dyslexie entraîne une approche du monde qui diffère profondément de celle de la majorité. Elle implique une vision différente, une compréhension différente, ce quelle que soit la langue, le pays ou la culture, le milieu social et professionnel. Dans le coaching, les neurones miroirs, l’empathie, le sens de la stratégie, l’observation psychologique ultra fine de la personne, un instinct à toute épreuve en font un atout et non un handicap. Le dys est visionnaire de nature, il a une personnalité très riche, des talents exceptionnels, qui ne sont pas encore assez reconnus. Il a ce que l’on appelle en neurologie de « talents jetables » c’est-à – dire qu’il a toujours de nouvelles idées et des solutions adaptées à tous les problèmes. Ils sont très instinctifs, ce qui est très prisé dans le monde des affaires (bon nombre de DG, de PDG et de DRH sont dys). Comprendre et apprécier cette façon de penser et d’appréhender le monde est évidemment possible lorsque l’on connaît mieux cette riche particularité qu’est la dyslexie. C’est pourquoi au sein du métier de coaching, il est vital d’avoir cette compréhension profonde de la dyslexie pour accompagner les personnes qui sont touchées par ce phénomène.

La dyslexie n’est plus considérée (20% des gens en entreprise) comme un handicap : telle est la thèse de l’ouvrage de Béatrice Sauvageot, Adieu la Dyslexie. Aujourd’hui, la dyslexie peut en effet être comprise comme une force, et c’est cette force qui doit être découverte dans l’accompagnement d’une personne dyslexique. Dans son livre, Béatrice Sauvageot explique que la dyslexie ne devrait plus être appelée « dyslexie » mais « ambilexie », car elle est la particularité de personnes qui utilisent constamment les deux côtés du cerveau. Les personnes dyslexiques usent en effet de 30 % de leurs capacités cérébrales, tandis que la plupart des gens n’en utilisent que 10 %. Ceci peut créer un phénomène de confusion, car il y a trop d’informations qui doivent être assimilées en même temps. Il leur est donc extrêmement difficile de se concentrer sur une spécificité ou un détail isolé. Les dyslexiques ont besoin d’appréhender l’ensemble de l’objet de leur étude. Pour cette raison, la personne dyslexique apprend bien mieux lorsque quelque chose lui est enseigné via ses canaux perceptifs, intellectuels et émotionnels liés à sa constitution.

En outre, c’est dans le calme, la joie et le plaisir qu’elle est en mesure d’apprendre efficacement, si du moins elle ne manque pas de confiance en elle. C’est en effet la confiance en soi qui lui fait souvent défaut, étouffant alors des capacités tout à fait extraordinaires. En situation de calme et de confiance en soi, le dyslexique va apprendre bien mieux, et garder en mémoire bien plus longtemps ce qu’il a appris, par-rapport à une personne non dyslexique qui se concentre sur le détail à apprendre. C’est pourquoi il est si important que les personnes dyslexiques comprennent et croient en cette capacité d’apprendre et de comprendre instinctivement et naturellement. Il est également nécessaire pour les non dys d’apprendre à fonctionner avec cette confiance en soi et une bienveillance appropriée à chacune et à chacun.

Les dyslexiques vont donc avoir des manières très concrètes d’exploiter leurs atouts. C’est cela que doit comprendre le coach, et s’il n’y parvient pas, il s’avèrera difficile de mettre en œuvre un coaching efficace. C’est pourquoi un coach formé à la dyslexie sera en mesure de mieux accompagner la personne, en raison de sa une compréhension plus profonde des forces, frustrations, potentiels et besoins du client.

Je serai donc présent le 20 juin 2018 au colloque des fragilités Malakoff Médéric au Musée du quai Branly pour aider à régler la dyslexie au sein des entreprises.

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