Faire un bilan de compétences en 2019

Le bilan de compétences est une démarche qu’on entreprend pour faire le point sur sa carrière, et former un projet solide pour la suite de celle-ci. C’est l’occasion de prendre du temps et de la hauteur sur la connaissance de sa propre personnalité et sur les façons de mettre authentiquement en œuvre celle-ci. Il ne s’agit pas cependant de rester centré sur soi, mais d’un réel moyen de mieux se connaître pour forger des choix cohérents et réalistes.

Cette démarche peut être réalisée à n’importe quel moment de sa carrière : au cours de son évolution professionnelle, avant de prendre une décision importante, pendant une période de chômage, à mi-parcours, …

Entreprendre un bilan de compétences, c’est accepter d’ouvrir une nouvelle page. Lorsqu’on commence un bilan de compétences, on n’en connaît jamais le résultat à l’avance. En effet, nous ne sommes pas déterminés, mais bien au contraire, libres de choisir une carrière professionnelle qui corresponde à notre personnalité profonde et à nos compétences, éléments découverts au cours du bilan de compétences.

Qu’est-ce qu’un bilan de compétences ?

Le bilan de compétences consiste à faire le point sur son parcours professionnel, afin de pouvoir envisager la suite de sa carrière en s’appuyant sur une analyse approfondie de sa personnalité et de son expérience, tout en prenant en compte la réalité du marché.

Il peut être donc l’occasion d’une mobilité interne ou d’une reconversion vers un autre métier et/ou un autre secteur d’activité.

Le bilan de compétences nécessite un engagement volontaire, qui a du sens pour le bénéficiaire, et dont il est le seul à être responsable des conclusions.

A qui s’adresse-t-il et à qui s’adresser ?

Le bilan de compétence est une démarche qui s’inscrit dans le cadre du Code du Travail (art. 900-2) : « Le bilan de compétences permet à son bénéficiaire d’analyser ses compétences professionnelles et personnelles, ses aptitudes et motivations, afin de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation. ».

Toute personne peut avoir accès à un bilan de compétences. En fonction de sa situation professionnelle, une aide de financement peut être accordée (voir ci-dessous).

Le bilan de compétences est donc une opportunité à saisir à certains moments de sa carrière : licenciement, départ volontaire, redéfinition de la suite de sa carrière, changement de travail ou d’environnement de travail, reconversion, retour à l’emploi, …

Les objectifs et les situations de chacun peuvent être différents, et cependant le programme d’un bilan de compétences permet d’arriver à un résultat concret et propre à chacun pour avancer dans sa situation.

Il ne faut pas hésiter à profiter de son entretien annuel d’évaluation pour l’évoquer avec son supérieur. Cela peut être l’occasion de faire le point sur sa carrière pour pouvoir évoluer au sein de l’entreprise, ou changer de parcours plus facilement.

En cas de chômage, il faut s’adresser à son conseiller référent pôle emploi. Le bilan devra se dérouler dans un centre agréé.

Comment cela se passe-t-il ?

Il existe quatre grandes étapes dans un bilan de compétences :

  1. Prise d’information: Un entretien préalable est proposé, il est gratuit et libre de tout engagement. Cet entretien est destiné à faire connaissance, préciser vos besoins, vous présenter la démarche et vous permettre de savoir si souhaitez engager ou non une démarche de bilan de compétences. Il est essentiel de comprendre la démarche proposée car elle est différente d’un cabinet à un autre. Il est également important d’avoir un bon « feeling » avec le consultant.
  2. Phase d’investigation: Cette étape est essentielle car elle est l’occasion de relire les étapes principales de votre vie professionnelle et personnelle afin d’identifier vos points d’appui et ce qui a motivé vos choix importants. Il s’agit de mieux connaître votre personnalité profonde, avec le support de tests (motivations, personnalité et centres d’intérêts). L’objectif est de vous réapproprier votre histoire et d’en comprendre le sens, de mieux vous connaître et de définir vos axes d’amélioration. C’est bien sûr également l’occasion d’identifier vos conditions de réussite et votre environnement de travail préférentiel.
  3. Phase de définition et de réalisation du projet professionnel: A partir des analyses précédentes, on procédera à l’identification de vos caractéristiques principales, et au « fil rouge » de votre vie professionnelle. Une enquête métier auprès de professionnels pourra être nécessaire, afin d’acquérir une connaissance plus concrète de la réalité des métiers. A partir de la détermination d’un projet réaliste, l’objectif sera de mettre en place un plan d’action cohérent, et les conditions pour le réaliser.
  4. Option : Certains cabinets proposent des options en complément : un coach vous suit dans la réalisation de votre plan d’action, une préparation à la communication de votre projet, ou encore une restitution à l’entreprise (dans le respect du choix du décideur).

Pour réaliser un bilan de compétences, il faut compter 2 à 3 mois en prévoyant en moyenne un entretien d’environ 2 heures par semaine. Il est important de pouvoir compter sur une vraie régularité pour que le travail réalisé soit efficace : des entretiens suffisamment rapprochés pour que rien ne soit perdu, et suffisamment espacés pour que le bénéficiaire puisse prendre le temps de mûrir ce travail.

Comment financer un bilan de compétences ?

Le bilan de compétences est une démarche qui a un prix. C’est bien sûr un investissement à long terme puisqu’il permet de franchir des paliers dans sa vie professionnelle, et le coût de cette démarche freine certains à l’entreprendre. Mais pourtant, il existe plusieurs solutions pour qu’elle soit prise en charge, complètement ou partiellement.

Un demandeur d’emploi peut notamment bénéficier d’un bilan de compétences gratuit, si cette démarche s’inscrit dans sa recherche d’emploi (dans certains cas, il arrive néanmoins que la prise en charge ne couvre pas l’intégralité des frais).

Par ailleurs, dans le cadre de l’entreprise, votre employeur peut le prendre en charge, au titre d’un plan de formation ou grâce au congé individuel de formation (CIF).

Vous pouvez également demander un financement via l’organisme de formation de votre société (OPCA prochainement OPCO), ou via un organisme de financement (OPACIF). Les OPCA s’occupent des demandes indépendantes, c’est-à-dire à titre individuel, tandis que les OPACIF concernent les demandes en lien avec votre employeur. Agréées par l’Etat, les prises en charge d’un bilan de compétences sont variables. Le réseau Fongecif reste l’OPACIF le plus connu, qui finance chaque année plusieurs milliers de bilan de compétences. Cependant suite à une décision gouvernementale, les OPACIF évoluent. Leurs missions principales seront dorénavant d’assurer jusqu’à terme les financements commencés en 2018, d’accompagner les personnes dans leur projet d’évolution professionnelle dans le cadre du CEP et de mettre en œuvre et de dispenser les CPF de transition professionnelle et des salariés démissionnaires. Tout ceci risque encore de changer, il est donc important de bien se renseigner avant d’envisager cette modalité de financement.

Lorsqu’un bilan de compétences est pris en charge à titre individuel, il sera financé par votre Compte Personnel de Formation (CPF) : il s’agit d’un compte créé pour toute personne dès qu’elle travaille, où elle cumule une certaine somme par an jusqu’à un plafond de 5000€. Auparavant, ce compte prenait la forme d’heures de formation cumulable pendant l’année. Suite à la récente réforme évoquée ci-dessus, ces heures ont été transformées en crédit en euros par souci de simplicité. Il est possible d’y rajouter les heures DIF (système de financement de formation avant janvier 2015) qui doivent être utilisées avant le 31 janvier 2020. Même si ce système de financement est en train d’évoluer, il permet toutefois de financer des formations, et reste très intéressant financièrement.

Comment réussir un bilan de compétences ?

Une fois que la décision est prise de réaliser un bilan de compétences, il faut alors se donner les conditions de la réussite de cette démarche, d’autant plus qu’humainement, il s’agit d’un véritable investissement.

La première des conditions consiste à être réellement disposée à entreprendre cette démarche. En effet, le bilan de compétences implique une œuvre de relecture de sa vie professionnelle et personnelle qui nécessite un travail rigoureux et honnête. Ce travail est souvent exigeant, et parfois repoussant, car on traite de la personne dans toutes ses dimensions. Surmonter cette difficulté est possible si le bénéficiaire dispose d’une relation de confiance avec le coach et d’une volonté solide de réaliser ce travail. L’entretien préalable est d’autant plus important qu’il permet de mesurer cette disposition.

Le bilan de compétences est ensuite un travail exigeant, il implique un investissement personnel et constant durant la démarche. Entre chaque entretien, un travail personnel sera demandé. Le temps qu’il exige ne sera pas négligeable, et il devra être anticipé afin de n’être pas surpris.

Enfin, pour qu’un bilan de compétences soit réussi, il faut que le cadre proposé pour l’entreprendre corresponde à ce qu’on en attend, qu’il s’agisse de la méthode, du coach, ou de la forme que prendra la réalisation du bilan de compétences. Il faut donc se renseigner précisément sur la démarche, les différentes étapes, et le nombre d’entretiens. La démarche est importante, et par conséquent, il faut que le service proposé soit à la hauteur de ses attentes.

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